Né en 1954 en Chine (dans la province du Jilin), Han Yuchen qui est issu d’une famille influente et éclairé développe une passion pour la calligraphie et la peinture dès son plus jeune âge. Au début des années 1970, il s’initie aux différentes techniques artistiques sous la supervision du célèbre graveur Li Hua (1907-1994) et de peintres reconnus comme Su Gaoli et Liang Yulong (1922-2011). Han Yuchen perfectionne ainsi son talent et découvre les œuvres de Dong Xiwen et Chen Danqing qui déclenchent chez lui une fascination pour le Tibet.  Cependant durant la Révolution Culturelle (1966-1976), le père de Han doit s’exiler à la campagne avec sa famille. Cette situation affectera profondément le jeune artiste et impactera également sa vie d’adulte.

Après avoir étudié auprès d’influents artistes, Han tente le concours d’entrée à l’Académie Centrale des Beaux Arts mais les déboires politiques de sa famille le disqualifieront de l’examen politique.

Cet épisode ne brisera pourtant pas la détermination de Han Yuchen de réaliser son rêve. En 1978, le talentueux peintre Zhang Wenxin accepte de devenir le professeur de Han ce qui le mènera, en 1982, à sa première participation officielle dans une exposition: “Exposition de Peintures de la province du Hebei” (Shijiazhuang). Dans le sillage de nombreuses générations de calligraphes chinois, ils effectueront ensemble plusieurs voyages d’initiation artistique dans les montagnes chinoises et ce jusqu'à ce jour.

Vit et travaille à Pékin, Chine

1971: Etudes à l’Atelier de Création Artistique d’Handan sous la direction de Li Hua et Su Gaoli, professeurs à l’Académie Centrale des Beaux Arts.

Expositions 

2022:    "À la poursuite des rêves du cœur —— L'exposition de peintures à l'huile et de croquis de Han Yuchen", Musée National d'Art de Chine, Pékin, Chine  

2019:     "Splendeur et pureté: le Tibet dans l'art de Han Yuchen", Palazzo Ducale, Gênes, Italie

             "Le Royaume de la Pureté", Palazzo Medici Riccardi,  Florence, Italie

2018:     "Cologne Fine Art", Koln, Allemagne

             "Résonance Chinoise", Musée Complesso del Vittoriano, Rome, Italie

             “Masterpiece London”, Londres, Royaume-Uni  

2017:     "Restrospective", Musée National de Chine, Pékin, Chine

             “Masterpiece London”, Londres, Royaume-Uni 

2016:     “Splendeur et Pureté: Expositions des Peintures à l’huile d’Han Yuchen”, Lhassa, Chine

2015:     “Point Art Monaco Salon”, Monaco 

2014:     “Wutuwumin – Série des Plaines Centrales Fertiles”, Musée d’Art du Shandong, Jinan, Chine

                “La 12ème Exposition d’Art Nationale ”,Tianjin, Chine 

                  “Le Salon d’Automne”, Paris, France   

2013:     “Splendeur et Pureté" Musée des arts décoratifs de Paris, France

            “Splendeur et Pureté: Expositions des Peintures à l’huile, Calligraphies et Photographies de Han Yuchen en Europe”, Knokke-Heist (Belgique), Paris (France), Bruxelles (Belgique)

            “Exposition de Peintures à l’huile du Luxuriant Sud-Ouest de la Chine — Ma Terre Natale et mes Compatriotes », Musée de Chongqing, Chongqing, Chine   

2012:     “Photographies du Pôle Nord par Han Yuchen”, Musée Han Yuchen – Groupe Handan Sun, Handan, Chine

             “Shanghai Fine Jewelry and Art Fair”, Shanghai, Chine

             “La 6ème Exposition Sino-Européenne de Calligraphies et de Peintures”, Madrid, Espagne 

2011:     “La 1ère Exposition de Rouleaux Artisanaux de Calligraphies Chinoises”, Pékin, Chine

2008:    “Les meilleurs Calligraphies, Peintures et Photographies de Han Yuchen”, Musée Han Yuchen – Groupe Handan Sun, Handan, Chine

2007:     “Exposition de Calligraphies et Chefs d’œuvres de Peintures”, Beijing Rongbaozhai, Pékin, Chine

             “Paradis et Royaume Enchanté – Exposition de Photographies de Shangri-La par Han Yuchen”, Lhassa, Chine 

2006:    “Chefs d’œuvres de 100 Meilleurs Calligraphes et Peintres Chinois”

                “La 1ère Exposition de Calligraphies d’Ecriture Cursive” 

2004:    “La 1ère Exposition du Grand Caractère”, Qinhuangdao, Chine   

2002:     “Exposition des Calligraphies, Peintures et Photographies d’Han Yuchen”, Musée de Handan, Handan, Chine

1983:    “Exposition de Peintures à Handan”, Handan, China

1982:    “Exposition de Peintures de la province du Hebei”, Shijiazhuang, China 

Publications

2012:     “Le Pays des Neiges Eternelles---Album Photographique des Paysages d’Han Yuchen”

2006:     “Anthologie de poèmes sur le Sentiment de Folie”

2003:     “Collection de Peintures et de Photographies d’Han Yuchen”

2004:     “Collection de Calligraphies d’Han Yuchen”

Prix et distinctions

2019:     Grand prix d'excellence Lorenzo, Biennale de Florence en Italie

2013:     Médaille d’or et d’argent au 152ème Salon des Beaux Arts en France

2012:    L’album “Le Pays des Neiges Eternelles---Album Photographique des Paysages d’Han Yuchen” vainqueur du Top 10 des Albums Photos 2012 en Chine

2010:     Médaille d’argent de la 20ème Exposition Photographique du Hebei

2006:     Médaille d’argent du 3ème concours de Calligraphie Ouyang Xun

2004:     Prix du 1er Mai de la Province du Hebei

L’AIR DU TEMPS

"Chaque rayon de l'aube prend vos plus beaux rêves nocturnes par la main. Pour les conduire à la réalité.”

Proverbe Tibétan

 

La carrière de Han Yuchen s’inscrit dans un pays millénaire en plein milieu d’un des tournants de son histoire. L’ascension professionnelle de l’homme et celle de l’artiste se complètent et se nourrissent l’une et l’autre, bien qu’elles soient aux antipodes. Un Ying et Yang qui, d’un point de vu extérieur, reflètent ce moment historique de la Chine à bien des niveaux et constitue une carrière artistique de toute une vie unique dans l’art contemporain chinois.

L’art à toujours reflété et fait avancer la société dans laquelle il existe et se développe. Aussi il est indéniable que les artistes chinois ont rempli cette mission, notamment depuis le mouvement des Étoiles au  début  des  années  80.  Dans  ce  cas  précis:  un  monde  entraîné  dans  un  constant  rush ininterrompu. En effet, depuis l'émancipation économique du pays à la fin des années 80, de nombreux artistes ont représentés les changements de la Chine mais en majorité à partir d'une approche sur l’urbanisation exponentielle de ses régions.

Certains artistes ce sont donc intéressés à la place de l’individu dans cette nouvelle société comme le célèbre Liu Bolin. D’autres, tel que Liu Xiaodong, ont peint les individus des régions rurales pris en étaux dans cette course effrénée et d’autres comme Yang Yongliang qui ont su fusionner ces paysages transformés si rapidement que même la nature a été réduite à l’état d'édifices en construction.

Mais quid de ce qui restait inchangé? Ces paysages restés immaculés, ces traditions perpétuées, ces populations n’ayant pas suivi ce nouveau “bon en avant”? Finalement, très peu d’artistes, à l’exception de Han Yuchen se sont intéressés sur les éléments atemporels et intangibles du pays et qui demeuraient, solidement ancrés à travers ce torrent de modernité.

Ce n’est que récemment que certains artistes tels que Hao Liang, Chen Yingjie, Zhuang Hui  ou  encore Zhao  Zhao  ont  commencé  à  sublimer  cette  Histoire,  ces  paysages  ou  ces particularismes régionaux au travers de leur art, tandis que Han Yuchen n’a cessé de le faire tout au long de sa vie et ce dès son plus jeune âge, soit des décennies auparavant.

Bien avant le mouvement des Étoiles (1979) et malgré la Révolution Culturelle (1966-1976), Han Yuchen a toujours été un fin observateur des évolutions du pays mais cela en se fascinant pour les régions réticentes à ces changements et qui donc perpétuaient un mode de vie ancestral dans un environnement inaltéré. En ce sens le travail de Han Yuchen est un témoignage critique de l'évolution du pays, à contre-courant d’autres artistes plus connus sur la scène internationale. Une approche qui, bien que cruciale, deviendra rapidement sous-estimé dans le mouvement de l’art contemporain chinois.

Les minorités, ou plutôt devrions-nous dire “les cultures régionales”, s’entretiennent et se perpétuent d’ordinaire elles-mêmes. Elles constituent ensemble un patrimoine qui forme une nation et dont les garants sont les habitants de ces régions. Malheureusement, n’étant pas sujet au désir obsessionnel moderne de changement, elles tombent parfois dans l’oubli, ne suscitant pas une information suffisamment importante pour être relevée par la majorité ou par le monde extérieur. Bien que cet oubli ne signifie pas leur disparition, il n’en demeure pas moins inéluctable que ces régions sont affectées par ce manque de reconnaissance et de perpétuation. Quand bien même elles ne sont pas remplacées ou effacées aussi rapidement que d’autres éléments de la société avec laquelle elles satellisent, elles s’exposent au risque de s’estomper et de s’évaporer au fil du temps.

L’amour et la fascination profonde de Han Yuchen pour la région du Tibet l’élève au rang de conservateur et garant de ce pan de la culture chinoise. Ainsi, tant que l’artiste peindra, alors ce qui existait existera. C’est en ce sens que l’art est pour l’artiste un véritable moteur qui permet de faire exister les choses et de rendre visible l’invisible.

En effet, si ce dernier préfère représenter les habitants de ces vastes régions, vivant parmi les plus hautes altitudes de la planète, il existe néanmoins dans son œuvre un lien, une essence, que l’on peut affilier à l’esprit des grands maîtres de l’histoire de la peinture chinoise, parmi lesquels nous pouvons citer : Ma Yuan  (1160/1165-1225),   Wang   Ximeng   (1096-1119)   ou   encore   Gao   Kegong   (1248-1310). La façon de peindre de Han Yuchen s’inscrit au sein d’un voyage spirituel ayant pour but de s’imprégner de l’aura de ces paysages, de ces montagnes, dans la parfaite lignée de la tradition Shanshui. Lorsque les peintres chinois travaillent sur la peinture Shanshui, ils n’essaient pas de présenter une image de ce qu’ils ont vu dans la nature, mais de ce qu'ils ont ressenti face à la nature. Personne ne se soucie de savoir si les couleurs et les formes peintes ressemblent ou non à l'objet réel car c’est dans la quintessence de l’environnement dans lequel travaille l’artiste que résulte l’œuvre finale. Et c’est en ce sens que Han Yuchen s’inscrit dans cette tradition bien que peignant des œuvres très réalistes. Au passage, nous pouvons d’ailleurs noter que la montagne est également l’exemple dont se servira Walter Benjamin pour définir son concept de l’Aura dans l’art.

La distanciation avec la tendance artistique de son époque, ne tient pas uniquement dans les sujets traités par l’artiste mais également dans son style qui est aussi une partie intégrante de l’histoire de la peinture contemporaine chinoise. A nouveau on y trouve une envie de rester fidèle aux traditions de son pays.

La peinture de Han Yuchen est très forgée dans l’académisme chinois qu’il apprend aux cotés des maîtres Li  Hua  (1907-1994),  Su  Gaoli  et  Liang  Yulong  (1922-2011),  et  a  également  été  très fortement influencée par les travaux de certains de ses pairs tels Dong Xiwen (1914-1973), Chen Danqing ou encore Ai Xuan. Ce style, que l’artiste a conservé tout au long de sa carrière, est en porte  à faux  avec le  mouvement contemporain chinois  ayant obtenu  une reconnaissance à l’international.

En effet, le mouvement des Étoiles, mentionné précédemment, a fait éclore de nombreux artistes devenus célèbres pour avoir été en rupture avec le système académique. Parmi les grands noms de ce mouvement et les artistes qui en ont découles nous pouvons citer : Wang Keping, Huang Rui, Yue Minjun,  Zeng  Fanzhi, Zhang  Xiaogang  et  de  nombreux  autres.  Cette  attitude  de  Han Yuchen à rester proche des traditions est encore une fois un témoignage — peut-être même une revendication — qu’au sein d’un pays en pleine mutation certaines fondations importantes demeurent.

Car il est essentiel de ne pas minimiser l’importance et le respect que le pays a toujours attribué aux cursus académiques, et ce dans tous les domaines : art, sciences, mathématiques, politique, économie etc... Certaines universités en Chine sont considérées, et à juste titre, comme de véritables temples de la connaissance, et leur représentants très hautement respectés dans la société. Pouvoir enseigner dans de tels établissements représente un véritable honneur pour les étudiants et leurs proches. En Occident, nous avons pouvons avoir tendance à réduire cet attachement à une forme de conservatisme alors qu’il s’agit de bien plus que ça ; il s’agit là d’une véritable colonne vertébral de tout un pays.

Les œuvres de Han Yuchen sont cependant singulières car si le style académique de l’artiste atteint un réalisme pictural tel qu’il s’apparente à la photographie, il laisse cependant suffisamment de place, de spontanéité et de liberté dans le geste, pour que la peinture elle-même retranscrive les émotions et l’aura que l’artiste fige sur sa toile.

Durant la longue et fructeuse vie artistique de Han Yuchen il se sera passé en Chine plus de changements que durant un siècle en Europe. Non seulement Han Yuchen en aura été un protagoniste mais il en aura également été un fin observateur qui aura su, à travers sa peinture, saisir un véritable air du Temps.